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La coordination nationale des ONG françaises de solidarité internationale

Coordination SUD
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» Nos appuis aux ONG » Améliorer la qualité

Par éthique, par souci d’efficacité, pour préserver leur image collective, mais aussi pour répondre aux attentes de leurs parties prenantes, les ONG françaises de solidarité internationale mette en place depuis longtemps des initiatives, individuelles ou collectives, pour améliorer la qualité de leurs actions et de leurs organisations. Parler de qualité, c’est avant tout parler d’amélioration des pratiques, qu’elles soient institutionnelles, organisationnelles ou opérationnelles. Cela s’est également traduit au niveau international avec l’élaboration des KRISP Femme Baskets Chaussure Basse Tennis Toile Tissu Soulier Sneaker Bleu Marine 2345 4hSFMCTtC
qui constituent une feuille de route en faveur de l’amélioration de la qualité au sein des Organisation de la Société Civile (OSC) afin de renforcer l’efficacité de leur contribution au développement.

Les enjeux de la qualité pour les ONG

Interrogées sur la notion de qualité, les ONG répondent d’abord en termes d’exigences internes, en se référant à leurs valeurs et à leurs missions, qui intègrent la prise en compte des attentes de leurs différentes parties prenantes: partenaires, bénéficiaires, bailleurs… Elles évoquent ensuite des contraintes et des exigences externes souvent communes:

Les outils de la qualité

Une étude co-pilotée par Coordination SUD et le F3E et réalisée en 2011, Remonte D3802 Ballerines Femme Bleu Royal/Royal ojhUcZp
a montré que de nombreuses initiatives ont déjà été mises en place par les ONG françaises. Il peut s’agir d’initiatives individuelles, qui portent par exemple sur la maîtrise de la démarche projet, sur de bonnes pratiques circonscrites à un domaine particulier de la qualité (la gestion financière, la gouvernance, etc.), ou concernent une démarche plus globale ou plus stratégique (la gestion des partenariats, la capitalisation, etc.). Il peut également s’agir d’outils ou de démarches collectifs telles que le Compas Qualité élaboré par le Groupe URD pour apprécier, piloter et rendre compte de la qualité des projets d’aide humanitaire, ou encore la Norme humanitaire fondamentale de qualité et redevabilité ; le MTNG 69680 Baskets Sportives Niño Multicolore Action Leather Pu Blanco / Serraje Pu Fucsia JqaZXp3qDD
de Coordination SUD vise à amener les membres du collectif à se questionner sur leurs pratiques de transparence, et à entamer une démarche collective d’amélioration de ces pratiques ou encore la cheklist Transparence , adaptée du référentiel, simple et efficace pour auto-diagnostiquer votre organisation et pour présenter vos résultats au CA ou en AG. Par ailleurs, quelques ONG recourent à des dispositifs de certification ou de labellisation communs aux organisations qui font appel aux dons publics ( VogueZone009 Femme à Talon Correct Couleur Unie Lacet Rond Chaussures Légeres Rouge Vineux riXMD
) ou qui s’efforcent d’obtenir le soutien de philanthropes privés (label IDEAS ).

Le Modèle d’autodiagnostic et d’amélioration continue (Madac)

Cependant ces différents outils n’ont qu’une approche partielle ou thématique de la qualité dans une ONG. C’est pourquoi Coordination SUD et le ont élaboré, avec la participation de leurs membres, un cadre global d’analyse de la qualité: le Puma Faas 600nbsp;S Idéal Run Mesdames Chaussures de Course ALw5Re
. Le Madac est un outil d’aide à la réflexion: il vous permet d’analyser globalement vos pratiques et vos résultats, par rapport à votre stratégie, à vos principaux enjeux, à vos marges de manœuvre et aux attentes de vos principales parties prenantes.

Le modèle (adapté du modèle d’excellence EFQM) fournit le cadre de cette analyse:

Découvrez le compte-rendu de l’atelier de présentation du Madac et des résultats de son expérimentation par les ONG pilotes, avec les membres de Coordination SUD et du (novembre 2015). Ce compte-rendu apporte des éléments sur la genèse du Madac, sur ses principes et son fonctionnement, sur son expérimentation par les ONG pilotes (contextes et motivations pour cette expérimentation, apports et valeur ajoutée du Madac, conseils et points d’attention pour son utilisation…), sur les suites données par Coordination SUD et le F3E en termes promotion et d’accompagnement de la démarche Madac dans les ONG françaises de solidarité internationale.

Des activités d’accompagnement sont proposées par Coordination SUD et le :

Coordination SUD peut notamment approfondir, avec les ONG intéressées et à leur demande, les échanges et compléments d’information / sensibilisation liés à la possible mise en œuvre d’une démarche Madac en leur sein, en lien avec le F3E.

Les autres outils de Coordination SUD

Par ailleurs, Coordination SUD met à disposition de ses membres et du secteur, un certain nombre d’outils ou de dispositif dont l’objectif est de renforcer les organisations de solidarité internationale. C’est le cas notamment du Centre de Ressources (formations, groupes métiers…) ou du Fonds de Renforcement Institutionnel et Organisationnel (Frio) .

Le groupe de travail Qualité, Transparence et Efficacité de Coordination SUD

Coordination SUD a mis en place depuis plusieurs années un groupe de travail Qualité, Transparence et Efficacité. Celui-ci a pour objectif d’offrir aux membres de Coordination SUD un espace de discussion collectif afin de:

Contact : Leslie Sobaga, chargée de mission Qualité et FRIO – sobaga[at]coordinationsud.org

Juillet 2018

Coordination SUD est membre des réseaux :

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Damien Liccia
Consultant @AgenceAngie, ex @Antidox | M2 Communication politique et sociale @SorbonneParis1 | Ex-Khâgneux à Victor Duruy |

Le nouveau paradigme informationnel qui est en train de se structurer problématise radicalement la nature du conflit dans nos sociétés contemporaines. Plus que jamais l’information devient la ressource majeure venant nourrir des situations agonistiques de nature diverse (politique, économique, associative….). Pour les acteurs impliqués dans ces conflits informationnels le rapport à l’information est dual, puisqu’il s’agit tout à la fois d’être en capacité de collecter de l’information, qu’elle soit blanche, grise ou noire pour reprendre une classification forgée par l’écosystème de l’intelligence économique, et par la suite de parvenir à élaborer une stratégie d’ingénierie sociale et digitale destinée à disséminer et à distiller ce contenu auprès des bonnes communautés.

Les , encore que l’expression en question soit éminemment problématique puisque nous n’avons pas affaire à des fuites mais bel et bien à un piratage des mails d’une partie de l’équipe de campagne d’Emmanuel Macron, témoignent, par exemple, parfaitement de cette articulation entre captation et dissémination de l’information en vue de déstabiliser un candidat à l’élection présidentielle.

Au cours de ces derniers mois, avec l’élection américaine de novembre 2016 ou, de manière plus centrée sur l’actualité politique française, suite à l’élection d’Emmanuel Macron à la présidence de la République, la problématique de la désinformation a innervé une partie substantielle des rédactions et une frange spécifique de la discussion sur les réseaux sociaux. Les sont ainsi devenues un véritable utilisé pour qualifier les divers phénomènes ressortant de logiques de déstabilisation fondées sur l’élaboration d’un récit alternatif basé sur l’utilisation volontairement fallacieuse d’un fait ou d’un événement, ou sur l’élaboration là encore volontaire d’un « noir » destiné à mettre sur le devant de la scène un faux récit à même de tromper des segments de l’opinion.

En apparence, la littérature autour de ce sujet est déjà relativement bien nourrie. En témoignent notamment les nombreux articles publiés ces derniers mois faisant suite à la prétendue émergence d’un phénomène jusque-là inconnu: les . Or, le traitement de ce phénomène, selon nous, s’est contenté de rester uniquement à la surface de l’enjeu, sans jamais être en capacité de mettre au jour les soubassements sociologiques, philosophiques, communicationnels et politiques de ce nouveau rapport entretenu par nos sociétés avec la vérité.

Notre conviction est que les ne sauraient se résumer à une approche morale ou encore moins à une approche alliant maladroitement ironie et dénonciation. Sont-elles l’œuvre d’individus cyniques (à la manière de Roger Stone, conseiller sulfureux de Donald Trump) désireux de délaisser la voie traditionnelle de la communication, celle qui consiste à accorder la primauté à la force de persuasion et au comme élément central de toute confrontation politique, pour au contraire privilégier la déstabilisation comme principal ressort?

Plus que le des tenants de cette nouvelle approche, c’est au contraire l’évolution de la configuration du système informationnel et des modalités d’influence sur cet agrégat de communautés forgeant ce que d’aucuns qualifient de manière hâtive d’ «opinion publique» qui doit retenir l’attention des analystes.

Par évolution de la configuration du système informationnel nous entendons un basculement opéré consciemment par certains acteurs, et consistant à délaisser l’éthique de la discussion habermassienne , pour au contraire accorder la primauté à des approches dialogiques éminemment conflictuelles, capitalisant sur la grégarité et la structuration communautaire de l’opinion. Pour Jürgen Habermas, l’éthique de la discussion doit permette de justifier rationnellement, via un processus argumentatif élaboré, l’existence de certaines normes. Cette éthique présuppose l’existence d’une communauté, et d’un espace de communication, permettant aux individus d’examiner rationnellement une norme.

Pour Habermas, le consensus rationnel , notamment sur le plan normatif, constitue une finalité vers lequel tendent des acteurs des sociétés modernes via l’éthique de la discussion. Ce consensus, s’il n’exclut pas, dans sa phase initiale une certaine forme de conflictualité, n’en cherche pas moins à la résorber de manière quasi dialectique. L’espace politique, via la discussion transparente et rationnelle, pourrait ainsi s’émanciper du dissensus permanent et de la conflictualité larvée, afin de garantir une vie communautaire non tiraillée par des contradictions .

Au contraire, avec les pratiques de désinformation qui se structurent dans l’écosystème digital, on assiste à une volonté d’exacerber les contradictions, de problématiser à outrance les lignes de fracture tiraillant nos sociétés, pour ériger le dissensus comme finalité même de l’agir communicationnel . Là où le consensus, dans une acception globale du terme, assure une certaine forme de tranquillité, de paix et de stabilité à une entité politique, le dissensus au contraire fait voler en éclats cet ordre politique et social.

Derrière l’émergence de ces nouvelles tactiques d’influence se dessine en réalité l’avènement d’une n ouvelle perception des rapports de forces , notamment ceux régissant les relations inter-étatiques. Une nouvelle perception également du lien entre politique et morale , qui vient consacrer une véritable antinomie entre logiques politiques et logiques morales; remettant en cause une conception, héritée des , et tendant à appréhender la morale comme nécessairement consubstantielle de la politique. Face à cet état de fait, des acteurs et/ou des entités politiques ont délibérément pris le parti de problématiser cette relation, pour ériger les rapports de forces et la conflictualité comme la pierre angulaire de toute action et/ou opération ayant une finalité politique .

La maitrise de l’information constitue donc, plus que jamais, le principal objectif d’acteurs, économiques ou politiques, désireux de faire prévaloir leur vision du monde sur le champ de bataille .

Les ne sont pas un problème moral, mais ressortent d’une logique éminemment politique

Les ne sont pas réductibles uniquement à des actions de déstabilisation impulsées par des acteurs isolés de la ,des trolls sur 4Chan, JeuxVidéos.com, Youtube ou bien évidemment Twitter. Elles sont au contraire la résultante d’un phénomène global, et d’une certaine manière o nt été enfantées dialectiquement par l’évolution de l’information comme composante structurelle de nos sociétés .

La désinformation , terme que nous privilégierons dans le cadre de cette étude car désignant une réalité plus complexe que celui réducteur de , fait appel à un schéma d’interprétation qui se doit d’être nécessairement politique, car il apparaît que les manœuvres mises en place désormais par certains acteurs et ou États répondent à des logiques politiques, et dans certains cas, il conviendrait de s’interroger sur la dimension potentiellement belliqueuse de ces opérations d’ingérence étrangère .

Est politique une situation ou une configuration où la discrimination ami et ennemi prévaut. Cette distinction de l’ami et de l’ennemi a été forgée par le juriste allemand Carl Schmitt et constitue un critère particulièrement opérant pour analyser des situations recelant un niveau plus ou moins élevé d’antagonisme. Au sens schmittien, l’ennemi se distingue du concurrent économique ou de l’adversaire . , et le philosophe allemand de rajouter que .

En matière de relations entre États, encore que le concept schmittien d’ami-ennemi soit également applicable pour décrire des conflits internes, virtuels ou réels, entre des partis s’inscrivant dans une logique profondément agonistique, décider de mettre en place une stratégie d’influence digitale pour affaiblir un candidat, orienter et manipuler l’opinion, n’est-ce pas, , désigner un ennemi ?

La doctrine Guérassimov , du nom du général russe Valéri Guérassimov qui est l’actuel chef d’Etat-major des forces armées russes, a été mise sur le devant de la scène dans le cadre d’un article publié en février 2013 dans le .

Intitulé , l’article, dès son préambule vient rappeler que le XXe siècle a été caractérisé par une érosion et une équivocité croissante des lignes qui structuraient jadis la distinction entre la guerre et la paix.

constate Guérassimov, et une fois qu’elles sont enclenchées . Cette doctrine érige les conflits informationnels comme l’une des nouvelles modalités régissant les relations conflictuelles et belliqueuses entre puissances antagonistes. Dans une formule somme toute très surprenante dans la bouche d’un militaire, Guérassimov note que:

Cette doctrine qui consacre la permet ainsi d’appréhender avec une profondeur accrue le concept même de . Cette corrélation entre et réflexions stratégiques d’ordre militaire, permet de mettre au jour la dimension superficielle du traitement journalistique actuellement réservé à ces tactiques de désinformation. Mus par un tropisme tendant à réduire les à une pure dimension morale, nombre d’observateurs évacuent toute réflexion d’ordre stratégique, politique et militaire. C’est un élément sur lequel Carl Schmitt insiste d’ailleurs, la distinction ami-ennemi ne fait jamais intervenir d’autres formes d’altérité comme le bien ou le mal, ou encore le beau et le laid .

A ce titre, aux Etats-Unis, à la demande de l’ancien président Barack Obama, a été conduit en décembre 2016 un rapport destiné à évaluer les implications potentielles du gouvernement russe dans le cadre de l’élection de novembre 2016. La version déclassifiée du rapport, et aisément Salewa WS Firetail 3 Chaussures de Randonnée Femme Dark Denim/Aruba Blue rvNk51yB
, permet de déceler une grille de lecture extrêmement politique, dans un style et dans une rhétorique faisant étrangement penser à la situation qui prévalait du temps de la Guerre Froide .

La campagne d’influence digitale menée par la Russie est notamment décrite dans le rapport comme se caractérisant par une pluralité de facettes: hacking, opérations de renseignement sous couverture, influence de médias financés par Moscou ou encore des trolls payés pour dénigrer une cible sur les réseaux sociaux.

Les auteurs du rapport précisent également que les opérations d’influence menées par la Russie se caractérisaient par une capacité à passer totalement inaperçues, notamment via la mise en place de stratégies de fausses bannières. Les fausses bannières , ou ont de tout temps joué un rôle très important dans les stratégies de déstabilisation d’un adversaire. Être en capacité d’attaquer, physiquement ou informationnellement un adversaire sans pour autant risquer d’être découvert, est une composante majeure de l’art de la guerre. Les outils techniques existant sur Internet, et accessibles à des acteurs n’appartenant pas forcément uniquement au monde fermé des , comme les VPN, TOR, Tails, les mails jetables et bien évidemment les différentes formes d’anonymat que permettent le web social et les réseaux sociaux, constituent autant d’éléments qui utilisés de manière ingénieuse peuvent permettre de mener des opérations d’influence garantissant au maximum l’ anonymat de l’exécutant.

Si elles sont potentiellement beaucoup plus sophistiquées, il convient de garder à l’esprit que les opérations d’influence russe accordent, comme le montre le rapport des services de renseignement américains, une importance égale à la captation et à la dissémination de l’information . En d’autres termes, l’ingénierie sociale des proches du Kremlin revêt une importance stratégique tout aussi déterminante que les capacités techniques d’unités de .

Les stratégies d’influence digitale contemporaines réconcilient dialectiquement et

D’une certaine manière, le entre captation d’information noire et élaboration d’une stratégie d’influence réconcilie dialectiquement deux concepts majeurs de la pensée gramscienne, la et la . Antonio Gramsci dans le paragraphe 138 du cahier numéro six des , du nom de cette somme de notes rédigées pendant ses années d’incarcération, propose une analyse détaillée du .

Gramsci a entamé l’écriture de son premier cahier le 8 février 1929, soit 11 ans à peine après la fin de la première guerre mondiale, et de fait, les différentes réflexions du penseur italien sont fortement marquées par l’expérience encore toute récente du premier conflit à l’échelle mondiale. A ce titre, les concepts de et de sont fortement traversés par des considérations et des logiques politiques.

De concepts militaires, Gramsci va en faire des notions à même de venir enrichir et renouveler la réflexion concernant la lutte révolutionnaire. La guerre de mouvement présuppose la force, et la capacité à mettre en branle cette dernière. Dans une guerre classique, cela présuppose de lancer l’assaut contre des cibles définies au préalable, de manière massive comme ce fut le cas lors de la première guerre mondiale ou de manière plus tactique et agile à la manière des , du nom de ces soldats italiens membres d’un corps spécial de l’armée durant la première guerre mondiale et formés aux attaques innovantes, ainsi qu’à opérer derrière les lignes ennemis.

Cette guerre de mouvement qui comme nous pouvons le constater se caractérise par des actions rapides, fortes, impactantes, capables de déstabiliser l’ennemi via des attaques innovantes ou potentiellement non conventionnelles, peut être, à bien des égards, rapprochée des attaques typiques du champ de la .

Bien plus que les italiens, dont les tactiques de combat ont été décrites par Gramsci, les acteurs engagés dans des actions de peuvent être comparés à la figure du . Cette comparaison nous paraît nécessaire car elle permet de mieux appréhender cette figure encore ambiguë et floue du agissant pour le compte d’une puissance politique.

Le juriste et philosophe allemand Carl Schmitt, figure tout à la fois majeure et controversée de la pensée européenne du XXe siècle, a proposé en 1962, alors qu’au même moment la France mettait un terme à la guerre d’Algérie avec la signature des Accords d’Evian, une analyse particulièrement poussée de ce nouvel acteur politique qu’est le partisan. Julien Freund dans la préface, restée célèbre, à et à la écrit que le partisan est

Le partisan est donc un acteur agissant dans une zone grise, à la lisière entre le civil et le militaire, entre la régularité, au sens militaire du terme, et l’irrégularité. Le partisan est également un acteur particulièrement mobile et agile, à même de prendre de vitesse des unités pourtant supérieures numériquement.

Carl Schmitt précise également qu’un .

Le partisan combat pour une finalité politique, ou du moins, selon la position occupée par ce dernier dans la hiérarchie ou le dispositif mis en place, peut exercer une action dont la finalité est politique. Si Carl Schmitt tient à insister tout particulièrement sur le motif politique de l’action du partisan s’est afin de procéder à une claire distinction, somme tout très schmittienne, entre partisan et criminel. En effet, le terme de partisan

L’un des intérêts des nouvelles tactiques de combat informationnel, est qu’elles sont parvenues à établir une symbiose et une synthèse parfaite entre guerre de partisan, ou guerre de mouvement, et guerre de position, ou guerre de siège .

Pour faire le siège d’une opinion publique , comme cela a été le cas au cours de l’âpre duel entre Hillary Clinton et Donald Trump, ou, dans des proportions moins dramatiques dans le cadre de l’élection présidentielle de mai dernier, il faut être en capacité d’obtenir (ou d’élaborer) en amont des informations grises ou noires.

Avec, notamment, l’utilisation dans le champ politique du schéma des qui ont notamment ébranlées des institutions comme l’armée ou les services de renseignent américains, on assiste ainsi à une division du travail entre des acteurs rapides, mobiles, techniques et agiles capables de subtiliser (ou de créer ) une information sensible, et au contraire, des «soldats» digitaux engagés dans une guerre de siège au long cours, et à l’issue incertaine .

Cette rencontre entre des temporalités et des finalités en apparence parfaitement antinomiques est intéressante, et constitue à nos yeux l’une des grandes spécificités des attaques informationnelles contemporaines.

Il ne s’agit plus, comme pouvait notamment le théoriser Gramsci d’être en capacité d’ébranler l’ hégémonie culturelle d’un pouvoir en venant lui opposer, via un processus politique, social et idéologique complexe et long, un contre-discours particulièrement impactant et signifiant. Les idéologies, et le narratif qui leur était associé, ne sont plus en capacité de venir étayer des conflits politiques. Les mots en -isme qui ont fait le XIXe et surtout le XXe siècle apparaissent progressivement comme désuets, et relégués au rang des veilles lunes de l’histoire des idées politiques.

Face à ce déclin des narratifs idéologiques, des acteurs ont, semble-t-il, compris que la capacité à problématiser la relation entre le vrai et le faux , constituerait désormais le cœur même des luttes politiques.

Ne pas respecter l’orthodoxie du socialisme ne viendra pas briser une carrière politique. Être accusé, à tort ou à raison, de s’être adonné à des comportements et/ou des activités pouvant venir jeter le discrédit sur son capital réputationnel auprès de l’opinion est bien plus problématique. Les attaques les plus impactantes et les plus percutantes ayant visé Hillary Clinton et Emmanuel Macron témoignent de ce basculement des logiques politiques, et des nouveaux ressorts de la conflictualité informationnelle.

Le continuum captation-dissémination est donc une composante essentielle permettant d’établir un pont entre et . Cette relation dialectique unissant ces deux phases du process de déstabilisation est extrêmement complexe, et ne saurait être réduite à une vision monolithique.

A ce titre, le processus de dissémination de l’information, et les différentes modalités d’activation et de mobilisation communautaire qu’il implique, est intéressant à analyser, car il permet de bien percevoir la complexité de ces attaques informationnelles.

Des formes réticulaires complexes cherchant à capitaliser sur les logiques communautaires de structuration de l’opinion

Avec l’émergence du social au début des années 2000, de nombreux chercheurs et observateurs ont émis l’hypothèse que l’agencement et la circulation de l’information sur cet espace spécifique allait contribuer, à terme, à une horizontalisation des rapports sociaux. C’est d’une certaine manière, toute la théorie de l’des individus et de l’émergence d’une société non linéaire, horizontale, ne répondant plus à des logiques hiératiques, et contribuant, pour reprendre un célèbre concept de Gilles Deleuze, à l’éclosion d’une société digitale régie par une structure rhizomatique .

Cette pensée recèle une part de vérité, et permet notamment de donner une grille de lecture à certains mouvements d’opinion pouvant émerger sur des forums, des chaînes Youtube ou des réseaux sociaux comme Facebook ou Twitter. Des acteurs individuels (mais non moins influents), inscrits dans des réseaux non linéaires et horizontaux, sont en capacité de venir ébranler des individus, des institutions, voire des Etats que d’aucuns pensaient inaltérables. L’exemple de Joshua Wong, du nom de cet adolescent qui en 2014, alors qu’il n’était âgé que de 17 ans, est venu défier le pouvoir chinois à Hong Kong, est particulièrement révélateur de ce type d’acteurs, provenant de la société civile, ne disposant pas de structures partisanes classiques, mais qui par une savante ingénierie sociale, notamment via l’utilisation des réseaux sociaux, sont capables de constituer des contre-pouvoirs.

Le phénomène des (SJW) s’inscrit lui aussi dans cette logique de décentrement des logiques d’influence, et de l’d’acteurs marginaux et périphériques en matière de capacité à influencer et à modifier les perceptions de segments, plus ou moins importants, de l’opinion publique.

Néanmoins, si ces différents phénomènes attestent de la validité des théories ayant vu le jour de concert avec l’essor du , il nous semble malgré tout que ces dernières sont quelque peu prises à défaut par les tactiques d’influence digitale qui dréfayent actuellement la chronique.

Les nouveaux phénomènes de désinformation qui nous intéressent mettent à mal les cadres de ce que nous pouvons qualifier, de manière très schématique, de théorie de l’horizontalisation . En effet, la structure réticulaire qui permet la commission de ces actions de déstabilisation, agrège des réalités et des internes éminemment complexes.

Dans un livre publié à la fin des années 1990, John Arquilla et David Ronfeldt, constataient que . Pour ces deux universitaires américains, à l’origine notamment du concept de , les conflits dorénavant vont se structurer autour de la capacité à faire usage du et de l’aptitude à maîtriser le champ de la connaissance.

A l’époque où Arquilla et Ronfeldt théorisent le concept de la , ils sont notamment particulièrement influencés par la lutte des militants de l’EZLN (Armée zapatiste de libération national) et tout particulièrement par la figure du sous-commandant Marcos. Comme pour Gramsci, avec la première guerre mondiale et l’, il nous paraît important de rappeler le contexte dans lequel une pensée a été amenée à se forger.

Selon les deux chercheurs américains, la révolution informationnelle va permettre de donner l’avantage aux organisations structurées en réseau, sur celles organisées de manière purement hiérarchique.

Bien avant le général Valéri Guérassimov, Arquilla et Ronfeldt, constatent que dorénavant,

La manipulation de l’information, dans les deux acceptions du verbe manipuler, renvoie dans l’imaginaire populaire immédiatement au concept de PsyOps. Le terme de , pour fait référence à des actions d’influence, menées par les Etats-Unis, auprès de segments de la population, de communautés spécifiques, d’individus ou encore de gouvernement destinées à faire évoluer les cadres, schèmes de pensée et perceptions des cibles.

Les sont dans les faits consubstantielles de l’art de la guerre, et déjà dans on peut retrouver des passages décrivant ce type d’action. Toutefois, l’arme psychologique, utilisée notamment sur les champs de bataille algériens par la France de 1957 à 1960, connaît avec les nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) une nouvelle jeunesse.

La nature des conflits évoluent, et dorénavant comme le rappellent Arquilla et Ronfeldt,

Les conflits informationnels contemporains se caractérisent donc, si nous poussons à fond les différents axes de la théorie de la , par la rencontre, potentielle ou effective, entre les logiques traditionnelles de et les nouvelles formes d’organisation des réseaux.

L’élément important qu’ont particulièrement bien identifié Arquilla et Ronfeldt concerne la nature politique de la ; là où la traditionnelle ressortirait d’une logique plus technique et, évidemment, plus militaire. L’appréhension des évolutions des caractéristiques de mobilisation d’acteurs de la société civile est ainsi une composante majeure de leurs travaux. La va donc concerner des conflits touchant aux valeurs, à la vision du monde, à des considérations sociétales et politiques . Pour modifier l’opinion, les réseaux d’acteurs caractéristiques de la vont capitaliser sur les potentialités de communication innervant la société civile contemporaine pour modifier les grilles de lecture et la perception d’acteurs.

Ce qui est intéressant avec ce concept c’est que potentiellement il permet de faire la synthèse entre les stratégies militaires classiques et les stratégies de mobilisation propres à la société civile. Ou en d’autres termes, l a permet d’appréhender de quelle manière un État peut utiliser des problématiques sociétales ou axiologiques pour venir déstabiliser un adversaire .

Cette complexité et cette ambiguïté de la se retrouve évidemment dans l’organisation des réseaux chargés de perpétrer ce type de stratégie d’influence.

Dialectiquement le concept de parvient ainsi à faire la synthèse entre des caractéristiques réticulaires qui en apparence s’excluent les unes des autres. Si les auteurs ont conceptualisé la consécration contemporaine de l’établissement de nouveaux rapports de forces, ou encore analysé avec une très grande justesse les attaques informationnelles en essaim, ils ont cependant mis l’accent sur un fait essentiel pour comprendre la structure dans laquelle gravitent des acteurs engagés dans des actions de désinformation: la nature hybride des réseaux .

En effet, les réseaux décrits par Arquilla et Ronfelt sont bien souvent hybrides. Le cœur de l’organisation peut être composé d’un cénacle d’acteurs, organisé de manière plus ou moins hiérarchique, tandis que les exécutants de l’opération peuvent au contraire se structurer de manière éparpillée et éclatée, sans qu’une cellule A soit en contact avec les cellules B, C, D etc….

A différentes tâches peuvent ainsi correspondre différentes modalités d’organisations en réseau.

Si nous prenons le cas de l’influence de la Russie sur les processus électoraux américains et français, on peut estimer, à partir du rapport d’analyse émis par l’administration américaine et d’études universitaires (notamment d’une étude de l’université d’Oxford décryptant les modalités de la propagande digitale russe), que les donneurs d’ordre étaient organisés de manière concentrée et hiérarchisée, tandis que les exécutants (hackers, trolls et autres relais d’influence) ont été activés de manière, transversale et indirecte .

L’ serait ainsi fréquemment pratiqué pour mettre en place ce type de stratégie.

Dans la phase de dissémination, l’ devient d’autant plus saillant qu’il se développe de manière exponentielle, sans que l’acteur et/ou l’entité émettrice puissent garder le contrôle sur la circulation de l’information.

Si la phase d’activation communautaire est exécutée de manière efficiente, à savoir que le message clé a été transmis, via un processus d’ ingénierie social e, aux bons relais d’influence, l’information se prolifère de manière quasi autonome. Cette dernière pouvant dès lors être endossée, plus ou moins délibérément, par des acteurs tiers, qui n’ont pas connaissance de la stratégie de cadrage mise en place en amont .

L’intérêt de ces structures réticulaires particulières, potentiellement à l’oeuvre dans les récentes campagnes de désinformation, est qu’elles parviennent à établir une symbiose entre structuration verticale et structuration horizontale. Lorsque, dans le début de la phase finale du process, l’information noire est blanchie suite à une série importante de partages, de reprises, d’altération du message ou encore de retweets sur le et les réseaux sociaux, le phénomène de circulation horizontale de l’information propre à ces espaces vient faire oublier qu’à l’origine nous avions affaire à une logique somme tout très

Ces stratégies de déstabilisations, conceptuellement très développées et témoignant d’une connaissance très fine de l’ingénierie sociale, se caractérisent par une autre composante saillante: la prise en compte de l’attention comme élément central de la déstabilisation .

Les fake news, un moyen de répondre à la problématique de l’attention dans nos sociétés caractérisées par l’accélération

Les répandues par les acteurs que nous venons d’essayer de décrire, s’inscrivent selon nous dans la droite ligne des théories du complot à finalité politique . Certes, sur le plan de la structure des narratifs nous avons une vraie distinction entre théories du complot et . De manière idéal-typique, nous pouvons considérer que les théoriciens du complot tendent à vouloir rationaliser le réel, le rendre plus intelligible, plus simpliste et moins complexe, en attribuant à un individu et/ou une communauté spécifique une action malveillante sur le réel. Par exemple, dans le cadre des attentats qui ont frappé la France en 2015 et en 2016, de nombreux adeptes de ces discours alternatifs ont notamment avancé l’idée qu’Israël, via le Mossad, serait en réalité derrière les attentats. Il y a dans ces discours, qui peuvent sembler à première vue déroutants et ubuesques, une volonté de mettre au jour un sens caché, une prétendue «vérité» qui aurait été occultée par le «système».

S’il est évidemment difficile, du fait de la pluralité d’acteurs que nous pouvons ranger dans cette catégorie spécifique, de clairement percevoir les intentions pouvant les pousser à agir, nous sommes confrontés ici à des individus désireux de restaurer une forme de «vérité». Les théoriciens du complot ne sont pas forcément mus prioritairement par la volonté de tromper les publics auxquels ils s’adressent.

Les ont une dimension hyperbolique ; en mettant l’emphase sur un élément sensible, elles tendent à exagérer de manière très poussée un fait qui par exemple n’était jusque-là qu’une rumeur dans l’opinion. Cela vaut pour le prétendu compte caché d’Emmanuel Macron, ou pour l’affaire du «Pizzagate» qui a littéralement phagocyté la campagne américaine.

L’affaire du «pizzagate» est très intéressante car elle allie tout à la fois théorie du complot et . Cette affaire complexe à décrypter, illustre de manière très intéressante les limites potentielles d’une dichotomie trop théorique entre théories du complot et . Ces deux dernières pouvant ainsi s’auto-alimenter.

Dans le cadre du «pizzagate», certains acteurs, en analysant les mails d’Hillary Clinton, ont cherché à mettre au jour un pseudo réseau de pédophiles gravitant dans l’entourage de la candidate démocratie. Ce type de «théories», venant actualiser l’un des classiques du conspirationnisme , à savoir la prétendue pédophilie de l’élite politique, n’a rien de nouveau. C’est son instrumentalisation à des fins politiques, via la série de (notamment publiées sur des sites proches de américaine) destinées à mettre en récit cette soi-disant affaire, qui constitue la singularité du phénomène.

Pour le «PizzaGate», les modalités exactes du processus de circulation ne sont pas encore établies de manière claire. S’il est avéré que 4Chan et Twitter ont constitué de formidables catalyseurs dans la propagation de l’information, il est difficile de déterminer s’il y a eu en amont une volonté de cadrage émanant d’acteurs politiques et/ou étatiques désireux de mettre en place un .

Un article publié le 22 mars dernier dans relatait d’ailleurs le fait que l’enquête que mène actuellement le FBI pour analyser et évaluer l’influence des actions de déstabilisation menées par la Russie s’est élargie à l’affaire du «pizzagate».

Quoi qu’il en soit, cette affaire est particulièrement intéressante, et nécessiterait une étude plus approfondie, car elle permet d’analyser comment s’opère la rencontre entre les théories du complot classiques et les .

Elle est également intéressante, car elle laisse à penser qu’un acteur politique étranger, en l’occurrence la Russie, a pu être engagé dans une logique d’activation communautaire, en venant nourrir le discours de l’, particulièrement sophistiquée.

Une affaire comme le «pizzagate» tend à illustrer la pertinence du concept de , et met en avant le rôle croissant de ces stratégies d’influence digitale reposant sur des structures réticulaires complexes et sophistiquées destinées notamment, via l’injection de contenus sensibles, à nourrir la mobilisation digitale d’acteurs grégaires (nous pensons ici aux acteurs digitaux composant la puissante et influente américaine).

Autre élément à prendre en compte, la force de ces récits alternatifs, de ce , réside dans sa capacité à susciter l’attention d’audiences définies comme stratégiques par les acteurs de la désinformation.

Hartmut Rosa, sociologue et philosophe allemand, a décrit de manière précise notre nouveau rapport au temps. En matière politique, il constate que

Si pour le sociologue l’économie contribue à la « désynchronisation » du politique, force est de constater qu’elle n’est pas le seul phénomène qui contribue à affaiblir le capacité du politique à dire le réel, et par-là même à capter l’attention d’un part importante de l’opinion publique.

L’expérience que nous avons de la temporalité contemporaine contribue, en partie, à affaiblir le pouvoir, notamment symbolique, que pouvait préalablement détenir certains acteurs.

Citant John Dewey, Hartmut Rosa problématise la stabilité même de l’espace public , concept si cher à la pensée habermassienne. Pour Dewey, . Les flux permanents engendrés par les réseaux sociaux, qui sont progressivement en train de s’imposer comme l’un des principaux points d’accès à l’information couplés aux nouvelles logiques d’organisations communautaires ne permettraient plus réellement la pratique d’une éthique de la discussion dans l’espace public.

Analysant la problématique du débat et du vote sur Internet, Hartmut Rosa considère qu’ .

Faisant le constat d’une , le sociologue allemand en vient à estimer que dorénavant il est de plus en plus compliqué de convertir et de traduire les opinions personnelles en et qu’à ce titre:

La théorie du temps formulée par Hartmut Rosa, et son impact sur le plan politique, nous paraît tout particulièrement intéressante car elle met l’accent sur une série éléments qui sont aujourd’hui au centre de nos préoccupations:

Les stratégies de désinformation sont donc la résultante de cette évolution politique et sociétale. L’ américaine, particulièrement encline à relayer la propagande digitale russe, constitue un avatar contemporain qui permet d’analyser pratiquement les axes théoriques mis au jour par Hartmut Rosa.

A travers le cas concret de l’, et de son rôle dans la logique de déstabilisation de la campagne américaine, on comprend comment la problématique des vient s’articuler au politique. On appréhende mieux également l’impact que peuvent avoir les sur la capacité d’un pouvoir à créer du consentement et à se légitimer .

Le pouvoir, si nous l’appréhendons dans une optique gramscienne, est inséparable de l’ . Si le concept forgé par Gramsci d’hégémonie culturelle est complexe, et ne saurait être réduit à l’une de ses composantes, il n’en demeure pas moins que le récit, ou pour reprendre le titre de l’ouvrage de Christian Salmon, le «» est un élément à même de fournir de la légitimation.

Avoir l’autorité et la légitimité permettant de dire le réel c’est faire preuve de pouvoir.

Pierre Bourdieu expliquait notamment que:

Si le sujet des est aussi crucial c’est donc en raison de sa dimension politique. Analyser en détail les éléments sous-jacents de ce concept permet ainsi de mettre au jour de profonds basculements en matière de structuration et de finalités de la communication. Les acteurs derrière ces stratégies, notamment les entités politiques, capitalisent sur les différentes évolutions sociales et sociétales de nos sociétés contemporaines (fin des idéologies et des discours structurants, déclin de l’autorité traditionnellement accordée aux traditionnels, avènement des NTIC, désynchronisation entre le temps politique et le temps social, rejet des élites de la part d’une frange de la population, nouvelles formes d’attention…) pour venir influencer, et par-là même déstabiliser, une opinion publique, notamment étrangère.

Ces opérations ambiguës peuvent, dans certaines configurations précises, s’assimiler à des actes ayant une dimension belliqueuse. Les acteurs politiques commettant ces agressions assument parfaitement la primauté grandissante de l’information comme ressort contemporain du politique et du militaire.

Les processus mis en place, que ce soit en matière de captation ou de dissémination de l’information, témoignent également de l’avènement de nouvelles logiques organisationnelles permettant de rendre plus efficientes, mais aussi plus anonymes, de telles attaques.

En venant briser la réputation et l’autorité d’un candidat, en venant saper les fondements du discours officiel et légitime d’un État, les et autres logiques de désinformation, viennent mettre au jour l’idée d’un espace public souverain potentiellement sous influence d’acteurs exogènes.

Par-là même, ce type d’interférences informationnelles vient soulever la question de l’émergence de nouvelles logiques de conflictualité à l’ère du digital.

Les ne sont donc pas un problème moral, mais bel et bien un problème politique.

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